OST///

OST est un diptyque, composé de deux seuls en scène complémentaires, pouvant être joué séparément ou à la suite l’un de l’autre.

OST s’intéresse à l’empreinte historique des espaces urbains, traversés par les histoire(s) mondiale(s) et familiale(s), les langues et les cultures ? Dans quelle mesure les expériences personnelles de la ville sont liées à la constitution de l’identité et aux sentiments d’appartenance ?

Diptyque, création 2023 / 2024

CREDITS

OST I : Originale sous-titré

Seul en scène en français, allemand et arabe.

Conception, écriture et mise en scène : Leyla-Claire Rabih et Frank Weigand
Assistante à la mise en scène et à la dramaturgie : Morgane Paoli
Création lumière et régie générale : Thomas Coux
Création sonore : Anouschka Trocker
Avec : Leyla-Claire Rabih

OST II : Octobre sans titre

Conception, écriture et mise en scène : Leyla-Claire Rabih et Elie Youssef
A partir du texte Octobre Liban, de Camille Ammoun (Editions Inculte)
Assistante à la mise en scène et à la dramaturgie : Morgane Paoli
Création lumière et régie générale : Thomas Coux
Avec : Elie Youssef

PARTENAIRES

Production :
Grenier Neuf  www.grenierneuf.org
(Production en cours)

Partenaires :
CNES – LA CHARTREUSE, VILLENEUVE LES AVIGNONS / VILLE DE DIJON

OST rassemble deux collaborations artistiques importantes de Leyla-Claire Rabih : l’une avec Frank Weigand, traducteur allemand, l’autre avec Elie Youssef, comédien syro-libanais.

OST – I, dans Originale sous-titrée, co-écrit avec Frank Weigand, Leyla-Claire Rabih revisite ses années de formation théâtrale dans le Berlin-est des années 90, sa fascination pour un pays alors en voie de disparition, l’Allemagne de l’Est. Comment cette expérience, marquée par l’héritage de la dictature et l’effacement d’un patrimoine historique collectif, constitue-t-elle une sorte de « détour », géographique et linguistique, pour aborder son propre héritage culturel du Moyen-Orient.

OST – II, dans Octobre sans titre, Elie Youssef revisite, à partir du texte de Camille Ammoun, la ville de Beyrouth, au fil des traces de son histoire, de la guerre civile à l’explosion de 2020, en passant par cette arme de destruction lente qu’est la corruption.

Ces deux seuls-en-scène évoquent des villes tour à tour détruites par la guerre, divisées, marquées par des transformations historiques rapides.

Ces deux seuls-en-scène sont traversés par des questions linguistiques (passer d’une langue à l’autre pour dire la réalité), comme par des questions politiques : que reste-t-il dans le paysage urbain des passés révolus, des effacements, des traces d’une lente disparition. Comment ces traces et ces disparitions appellent à se reconstituer intimement ? Quelles stratégies narratives choisit-on face à l’oubli ?

« A 16 ans, j’ai posé depuis l’enclave de Berlin-Ouest un premier regard fasciné sur l’Allemagne de l’Est. Plus tard, je suis revenue dans cette ville qui n’était plus divisée, mais portait les marques de ses passés successifs. J’ai vécu dix ans dans ce qui survivait de la RDA, à travers une formation théâtrale perpétuant la tradition brechtienne et l’expérience politique du théâtre en RDA, comme dans ce qui en disparaissait, puisque la ville, ses structures, ses habitants même, étaient en complète mutation.
Il m’a fallu des années pour comprendre que ce détour par le Berlin des années 90, constituait pour moi un passage, via une sorte de « monde par procuration », vers un autre pays, lointain et dictatorial, hostile et secret, bien qu’idéalisé, et bientôt aussi disparu : la Syrie de mes origines.
Ces années sont celles de la mise en scène et la traduction théâtrale, pratiques qui construisent des ponts entre des réalités différentes. Elles sont aussi celle d’un dialogue incessant avec Frank Weigand explorant l’imbrication des biographies individuelles et des développements géopolitiques pour les traduire en une forme scénique. »
Leyla Claire Rabih

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Depuis 2011, Leyla-Claire Rabih et Frank Weigand éditent conjointement une anthologie de théâtre franco-allemande, et traduisent régulièrement des textes de théâtre ensemble – du français vers l’allemand et inversement. Au-delà de cette collaboration, ils partagent un intérêt commun pour les questions d’identité et d’empreintes culturelles multiples, ainsi qu’une préoccupation constante pour le Moyen-Orient et ses liens historiques et culturels avec l’Europe. Leur travail se caractérise par l’échange et le frottement entre différentes perspectives culturelles.
Depuis 2013, Leyla a axé son travail artistique autour de la Syrie, en donnant une inflexion documentaire à sa pratique théâtrale, essayant de trouver une façon de rendre compte du chaos de la révolution avortée – comme de questionner sa propre identité.

En automne 2018, Leyla-Claire Rabih est en résidence de recherche au Liban et Frank Weigand lui rend visite. Entre les visites des sites mémoriaux officieux de la guerre civile libanaise et les ruines de la cité des temples de Baalbek, à la frontière syrienne, à la frontière syrienne, ils constatent d’étranges similitudes entre le Beyrouth contemporain et le Berlin-Est de l’après-réunification. A partir de leurs échanges et de la fascination de Leyla pour les lieux en plein bouleversement historique naissent les premières esquisses d’un projet artistique commun, d’une une forme scénique pour aborder de manière concrète ces questions qui les préoccupent tous les deux depuis des années.

En 2019, ils ont réalisé plusieurs heures d’entretiens, qui traitent aussi bien de la formation de metteur en scène de Leyla à l’école Ernst Busch que de détails personnels de l’histoire familiale de Leyla, comme son enfance en Algérie et la redécouverte de son identité syrienne après l’échec de la révolution de 2011 et la guerre qui s’en est suivie.
Sur la base de ce matériel, Leyla-Claire Rabih et Frank Weigand développent un corpus sur l’interdépendance des biographies individuelles et des développements géopolitiques. Dans le cadre d’une résidence de trois semaines à la Chartreuse à Villeuve Les Avignon en février 2022 , ils conçoivent différents fils textuels (tantôt narratifs, tantôt dialogués) qui traitent de manière mi-autofictionnelle, mi-analytique des liens entre art, totalitarisme, traumatismes et histoire familiale. En utilisant des techniques de montage et une distance humoristique, ils développent à partir d’un matériau souvent intime une réflexion sur le théâtre, le pouvoir et sa dimension historique et individuelle. La réalisation scénique jouera de multiples perspectives, du multilinguisme, du détournement ironique et de l’ouverture d’espaces de pensée par l’utilisation de différents langages théâtraux.

Ce spectacle évoquera l’Allemagne de l’après-réunification, la France et l’espace méditerranéen, il traitera des liens entre l’art et le totalitarisme ainsi que des questions d’appartenance et d’identité. Il s’agira d’un solo que Leyla-Claire Rabih jouera en français comme en allemand (et en arabe).

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