TRAVERSES///

TRAVERSES est un projet documentaire et intimiste autour des migrations syriennes et de la diaspora. Il naît d’interviews menées par l’équipe à travers l’Europe (Liban, Grèce, France …). Lors de ces rencontres, seules les mains ont été filmées, rendant à la fois plus intimes et universels les témoignages collectés. Entre théâtre, performance, et projections, l’équipe raconte autant qu’elle se raconte, dans un dispositif en archipel qui se décline en fonction des lieux.

Création le 9 mars 2021
au Vivat à Armentières.

CREDITS

Conception et mise en scène : Leyla-Claire Rabih
Travail scénographique et vidéo : Jean-Christophe Lanquetin
Assistante à la mise en scène et à la dramaturgie : Morgane Paoli
Ateliers, Recherches, Écriture : Philippe Journo, Leyla-Claire Rabih, Elie Youssef
Création lumière et régie générale : Thomas Coux
Création sonore : Anouschka Trocker
Avec : Philippe Journo, Leyla-Claire Rabih, Elie Youssef
Production : Grenier Neuf 

Grenier Neuf reçoit le soutien de la Ville de Dijon et du Conseil Général de Côte d’Or.

PARTENAIRES

CDN Théâtre Dijon Bourgogne
Institut français du Luxembourg / Abbaye de neimënster
Le-Maillon, Théâtre de Strasbourg / Scène Européenne
Centre Français de Berlin / Maison des Francophonies
Institut français dans le cadre de la Résidence sur mesure / Institut français du Liban
Ville de Dijon / Région Bourgogne Franche-Comté / DRAC Bourgogne Franche-Comté
Haute Ecole des Arts du Rhin (HEAR) Strasbourg et Musée d’Art moderne et contemporain de Strasbourg
Festival Between the Seas / 1927 art space, Athènes, Grèce
i-portonus dans le cadre du programme Europe Creative
Collectif Kahraba / Hammana Artist House, Liban
Le Vivat, scène conventionnée d’Armentières

TRAVERSES est un projet documentaire et intimiste autour des migrations syriennes et de la diaspora. Il naît d’interviews menées par l’équipe à travers l’Europe (Liban, Grèce, France …). Lors de ces rencontres, seules les mains ont été filmées, rendant à la fois plus intimes et universels les témoignages collectés. Entre théâtre, performance, et projections, l’équipe raconte autant qu’elle se raconte, dans un dispositif en archipel qui se décline en fonction des lieux.

Depuis 2017, plusieurs volets de recherche dans différents pays traversés par la vague de migrants de l’été 2015 (ateliers de pratiques théâtrales auprès de demandeurs d’asile, de réfugiés, interviews) ont permis de construire un corpus de témoignages, de parcours, de narrations, de documents sonores et visuels.

Cette archive collectée est la matière première d’un spectacle à la fois documentaire et intimiste.
Il trouve sa forme dans le tissage de ces données collectées (entretiens, sons, photographies, vidéos, cartographies), des discours objectifs sur les réfugiés, de données historiques, des témoignages individuels, les poncifs et les préjugés… et de nos biographies.

Au plateau, trois acteurs/performeurs : Elie Youssef, Philippe Journo et Leyla Rabih, tous trois issus de migrations choisies et forcées, au gré des tribulations de l’Histoire, porteurs d’identités hybrides et fortement métissées.

DANS LA PRESSE

« Des réfugiés rencontrés par la metteuse en scène, on ne verra jamais le visage, sur les écrans qui surplombent le plateau : seulement leurs mains, et des détails de leur habillement. Mais on entend leurs voix. Leyla-Claire Rabih, en jouant ainsi avec sensibilité entre la présence et l’absence, ne saurait mieux dire combien ces exilés sont devenus les fantômes qui hantent notre présent. »
Fabienne Darge Le Monde 25/05/2021

« A écouter les migrants, on retient en premier le traumatisme de la guerre, une rupture et ce qui s’avère sans doute le plus durable, une perte d’espoir, de volonté même. Un sentiment d’injustice s’étend, il en résulte de l’accusation, une demande de compensation qui s’adresse au monde entier. Le spectacle, en cela il devrait être vu et confronté aux mensonges trop facilement véhiculés, trop volontiers crus, rend compte, lui, de façon captivante, rien que par les paroles des uns et des autres, des changements dans le comportement des gens.« 
Lucien Kayser Land/lux Mai 2021

 

EN LIRE PLUS

La Syrie est secouée depuis 2011 par des événements tragiques dont les ondes de chocs dépassent très largement ses frontières. D’origine syrienne, je suis traversée intimement par ces événements et ils se sont imposés dans mon travail artistique.

Depuis 2017, plusieurs volets de recherche dans différents pays traversés par la vague de migrants de l’été 2015 (ateliers de pratiques théâtrales auprès de demandeurs d’asile, de réfugiés, interviews) ont permis de construire un corpus de témoignages, de parcours, de narrations, de documents sonores et visuels.

Ces parcours singuliers traversent et modifient les identités individuelles et collectives. Ces exils laissent dans les biographies des traces indélébiles… que faire de ces traces, comment les collecter et les transmettre ? Quel répertoire constituer à partir de ces récits ? Comment en rendre compte de manière narrative au plateau ?

Au cours de ces voyages, j’ai constaté que les communautés syriennes en exil étaient traversées par un double mouvement : remettre tout en question de ce qui les avait définis auparavant pour se réinventer, alors même que les groupes se raidissaient autour de marqueurs identitaires rigides.

Les Syriens que je rencontrais me semblaient écartelés entre des impératifs personnels (« Qui suis-je ? Qu’est-ce que je vais faire ici ? ») et des injonctions collectives, celles de rester fidèles aux communautés d’origines (« Nous, nous ne sommes pas comme ça. ») comme celles de s’assimiler rapidement aux sociétés d’accueil (« Pour s’intégrer il faut faire comme nous. »).

Le parcours de certains, découvrant une liberté individuelle toute nouvelle, n’était pas sans me rappeler mes souvenirs de cours d’histoire au collège, quand on nous apprenait qu’au-delà̀ du massacre à grande échelle, la 1ère Guerre Mondiale avait été l’occasion d’une mutation civilisationnelle, de la propagation d’idées nouvelles parmi les populations à l’émancipation de la femme, amenée à assumer de nouvelles fonctions dans la société́. J’y voyais un parallèle : Au-delà̀̀ du désastre, ce qui se passe en Syrie peut aussi receler pour les individus comme pour les groupes, des moments d’émancipation très fort.

Je me suis alors demandé si cette expérience d’exil forcé pouvait aussi être une occasion, voire un levier d’émancipation. Est-ce que cette expérience de l’exil permet d’avoir une autre image de soi-même ? De son existence ?

Lauréate d’une bourse de l’Institut Français dans le cadre du programme « sur Mesure », j’ai effectué un séjour au Liban en 2018. Lors de cette résidence j’ai nourri un blog :

http://www.traverses.eu/

Genèse
« En septembre 2015, je traverse la Méditerranée pour aller à Beyrouth. Dans la chaleur étouffante, au milieu des bruits de la ville, je regarde sur mon écran d’ordinateur les images du flot incessant de réfugiés qui accostent en Grèce. Les canots pneumatiques partent de la côte turque et s’élancent vers les îles grecques. Des files interminables de marcheurs se dirigent collectivement vers le nord, via la Serbie, la Hongrie, l’Autriche vers l’Allemagne. Des groupes se forment, des solidarités s’esquissent, des soutiens s’organisent, de nouvelles formes de mobilisation voient le jour. Puis en Allemagne, les accueils des populations dans les gares, les habitants les bras chargés de fleurs, de peluches et de vêtements…
Je voudrais être en Allemagne et participer à cet accueil.

Je suis venue à Beyrouth pour être au plus près de la Syrie : je travaille à un projet théâtral qui sera une narration des débuts de la Révolution syrienne. Je suis venue pour rencontrer les gens et pour tenter de comprendre mieux qu’à distance. J’ai travaillé sur trois textes, j’ai structuré le spectacle en trois actes : 1er acte, le soulèvement, 2ème acte la répression et 3ème acte la guerre civile et la destruction. Mais là, je vois en direct le 4ème acte : L’exode.

En novembre 2015 je suis à Francfort. L’immense gare centrale est pleine de réfugiés, familles, petits groupes de jeunes hommes, qui jusque tard dans la nuit traversent le hall, se regroupent, cherchent leur chemin. Les femmes syriennes serrent leurs enfants dans leur bras, les grandes tentes de la Croix rouge sont présentes à l’intérieur même de la gare et proposent un accueil éphémère, une boisson chaude, un soutien médical. Partout en Allemagne, chaque citoyen est confronté à cette arrivée.

En juin 2016, Catherine Boskowitz et moi prenons le bus, depuis Dijon vers la Grèce. Nous traversons l’Europe comme on traverse l’Histoire, via les noms que l’on connaît des livres de classe, lieux de batailles, de sièges et de frontières mouvantes : Milan, Trieste, Zagreb, Sarajevo, Pristina, Skopje, Thessalonique enfin. Nous allons à la rencontre des réfugiés, mais aussi des Grecs qui aident les réfugiés. Nous rencontrons beaucoup de tristesse et beaucoup de misère, mais aussi une réelle solidarité humaine : ils sont si nombreux ceux qui, individuellement ne supportent plus l’indifférence et font le voyage pour venir aider.

Depuis, à chacun de mes passages à Berlin, je suis touchée par les éclats de voix, les échos de dialectes syriens dans le métro, les restaurants aux noms damascènes, les magasins reproduisant l’ambiance des marchés d’Alep. Les Syriens sont là. Ils apprennent de nouvelles langues, de nouvelles compétences, ils construisent de nouvelles existences, ils font des enfants, ils ouvrent des magasins. La diaspora se construit. C’est sans doute le 5e acte : Comment vivre en diaspora, déracinés, et néanmoins nourrir une identité commune.

Le projet TRAVERSES est né de tout cela.
De ma rage de voir l’Europe employer tant de moyens à protéger ses frontières et si peu à accueillir les migrants.
De mon admiration pour ces individus qui, forcés de se projeter dans l’inconnu, déploient une énergique détermination pour continuer leur existence, maintenir leurs liens familiaux, nouer de nouvelles attaches, se construire : vivre.
De mon étonnement à constater la plasticité des communautés, leur force à recommencer, reconstruire, réinventer des formes de vies communes.
Du besoin d’établir une sorte de registre, infime et exemplaire, de différentes trajectoires, voyages, évolutions telle une mémoire collective. »
Leyla-Claire Rabih

27 08 2020

Le 27/08/20 à 18h30 et le 28/08/20 à 14h00 • Sortie de résidence à l’Abbaye de Neumünster - Luxembourg 

05 10 2020

le 05/10/20 à 19h00 • Sortie de résidence à l’Entrepont à Nice

09 03 2021

Création les 09 et 10 mars 21 à 14h30  • Au Vivat à Armentières

21 05 2021

21 mai à 18h30, 22 mai à 15h30, 23 mai à 15h • Théâtre en Mai - CDN Dijon Bourgogne

27 05 2021

les 27 et 28 mai 2021 • Abbaye de Neumunster - Luxembourg

20 10 2021

20 oct à 20h, 21 oct à 19h30 • Festival Sens Interdit - Théâtre Jean Marais à Saint-Fons

13 11 2021

le 13 novembre 2021 à 18h • Studio Théâtre de Vitry • Co-programmation Théâtre Jean Vilar de Vitry-sur-Seine

18 03 2022

le 18 mars 2022 à 19h30 • Théâtre d’Etat de Mayence, Allemagne

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